Le syndrome des loges chronique chez de sportifs.

Cette blessure représente approximativement 10 % des lésions microtraumatiques du sportif.

Elle touche surtout les hommes( neuf fois sur 10 ) d’âge compris entre 14 et 45 ans. Elle se localise le plus souvent au niveau des jambes (70 % des

cas). Tous les sports d’endurance peuvent déclencher cette maladie,Citons : la course à pied (deux tiers des cas), la marche, le football, le rugby, le

tennis, la danse etc.….

Qu’est ce le syndrome des loges ?

 

Le syndrome des loges résulte d’une souffrance d’une masse musculaire asphyxiée par l’enveloppe  qui la délimite,En gonflant lors d’efforts répétés

cette masse musculaire en surpression se retrouve à l’étroit dans sa loge musculaire, Par l’anatomie nous pouvons comprendre ce processus

pathologique,Les muscles  sont séparés les uns des autres en compartiments ou en loges musculo­aponévrotique. Ces loges musculaires,véritables

cloisons, sont constituées d’ enveloppe peu extensible appelée aponévrose,Les muscles en action gonflent et dans certaines situations les aponévroses

qui les entourent sont tellement rigides qu’elles se comportent comme des garrots au niveau des artères, des veines et des nerfs. Le sportif  ressent alors

une douleur intense qui l’obligent à stopper son activité physique. Cette douleur bien localisée au niveau d’une jambe ou des deux dans 80 % des cas

n’irradie presque pas. Elle est décrite comme une sensation d’engourdissement, de brûlures,de crampes, de lourdeur. Le sportif ne peut plus relever son

pied (steppage) lorsque la loge antéro­externe de la jambe est très ischémiée (privée d’oxygène). Cette paralysie est la plupart du temps transitoire car

le repos de 10 à 15 minutes  permet un retour à la normalité La forme aiguë est gravissime ,rare en traumatologie sportive,c’est une urgence vitale car si

l’on n’ intervient pas rapidement dans les 4 heures qui suivent une nécrose musculaire irréversible (mort cellulaires) se constitue. En fait les médecins

sont davantage confrontés à la forme chronique concernant surtout les deux jambes, celle qui fait souffrir et boiter à l’effort puis qui cède après un repos

de 10 à 15 minutes.le praticien constate alors à l’examen juste après l’effort une discrète enflure de la loge antéro­externe de la jambe, sensible et dure à

la pression manuelle. Il vérifie aussi qu’ il ne s’agisse pas d’ une tendinite du jambier antérieur, d’une périostite ou d’une fracture de fatigue du tibia.

Toutefois l’interrogatoire du sportif lui apprend que tout redevient normal au repos et qu’à la reprise de l’activité physique les symptômes

réapparaissent. Dans un tiers des cas il existe une ou plusieurs hernies musculaires en regard des loges douloureuses bien perçues à la palpation.

L’évolution de ce syndrome des loges chronique , longtemps stable ,s’étale sur plusieurs années avec des douleurs de plus en plus précoces pour des

efforts de moins en moins importants. Le diagnostic est souvent retardé car dans la forme chronique lente le patient ne présente aucun signe clinique

franc lors de l’examen. Il évoque simplement l’apparition d’une gêne douloureuse qu’il ne ressent plus lorsqu’il diminue son effort.

Comment établir le diagnostic?

 

La mesure de la pression intramusculaire est l’examen crucial. Il faut adresser le patient dans un centre médical sportif habilité qui pratiquent cette

ponction  à l’aide d’un appareil spécifique. Le point de ponction est centré sur le corps musculaire. Les valeurs pathologiques sont les suivantes :

­Au repos :

  • Supérieur à 15­ 20 mm de mercure
­Après l’effort (course sur tapis roulant) :
  • Supérieur à 30 mm de mercure à la première minute.
  • Supérieur de 20 mm de mercure à la cinquième minute.
  • Supérieur à 15 mm de mercure à la 10e minute.

Le traitement : médical, il n’en existe aucun qui puisse aboutir un jour à la guérison si ce n’est que de soulager le patient avec des antalgiques, de la

glace ou des massages circulatoires et d’alléger aussi son entraînement.

Le véritable traitement c’est la chirurgie qui consiste à une aponévrotomie endoscopique ou parfois à une aponévrectomie autrement dit on élargit

l’enveloppe musculaire en la sectionnant pour libérer le muscle de cette surpression.

C’est une intervention  légère qui ne laisse que de petites cicatrices.

En conclusion : Il ne faut pas hésiter à évoquer ce diagnostic de syndrome des loges chronique du sportif même si l’examen clinique est pauvre car le

traitement chirurgical bien conduit permet de récupérer son niveau sportif antérieur de façon rapide et indolore.

 

Docteur Gérard Petit, Médecin du Sport et Marathonien