Il s’agit d’une pathologie très souvent rencontrée aussi bien chez l’adulte jeune lors d’un traumatisme sportif que chez le sujet âgé  où ces lésions méniscales sont souvent associées à de l’arthrose du genou. Chaque genou possède deux ménisques, un ménisque interne et un ménisque externe. Les ménisques sont de petits disques cartilagineux en forme de croissant situés entre le fémur et le tibia  (voir figure).

Entre les surfaces articulaires de l’extrémité inférieure du fémur et les plateaux tibiaux les ménisques ont un rôle de cale, stabilisant le genou, et un rôle d’amortisseur. La principale fonction du ménisque, maintenu en place par des ligaments, est de diminuer les frottements durant les mouvements de l’articulation du genou.

Constitution de ces lésions méniscales : on distingue des lésions méniscales traumatiques, qui peuvent survenir sur genou stable ou sur genou instable et des lésions méniscales non traumatiques, qu’il s’agisse de lésions méniscales dégénératives ou arthrosiques.

La déchirure méniscale peut survenir dans plusieurs sports de contact mais aussi dans un faux mouvement du genou dans la vie quotidienne, assez souvent en accroupissement ou lors d’une torsion en pivot. Certaines professions sont exposées à ce type de lésions méniscales surtout lorsqu’ils travaillent à genou ou accroupis comme par exemple les carreleurs ,les plombiers etc. La lésion du ménisque interne est cinq fois plus fréquente que celle du ménisque externe. Au-delà de 45 ans les ménisques vieillissent ou dégénèrent plus ou moins vites  et ils deviennent ainsi incapables d’assurer leur parfaite fonction. C’est pourquoi lors d’un traumatisme peu important ou lors d’activités sportives inhabituelles comportant des sauts et des changements de direction ceux-ci se fissurent horizontalement sur un fond d’arthrose. Nous vous recommandons donc d’éviter tous les sports à risques passés un certain âge.

Comment faire le diagnostic d’une lésion méniscale ?

Le symptôme le plus classique mais il est loin d’être le plus fréquent c’est le blocage du genou, celui-ci ne peut plus se mettre en extension complète il s’agit souvent d’une grave lésion verticale avec détachement d’un fragment en anse de seau. Voir figure. En fait la douleur bien localisée sur l’interligne interne du genou est le symptôme le plus fréquent concernant le ménisque interne et si elle se situe au niveau de l’interligne externe il s’agit d’une lésion du ménisque externe. Le genou peut également être gonflé, tuméfié et chaud avec l’existence parfois d’un kyste poplité. L’examen clinique bien mené par le praticien pourra déceler la lésion méniscale. Il dispose de tests cliniques tels que le grinding test et la palpation des interlignes sur toute leur circonférence peut attirer son attention s’il déclenche une douleur à la pression à un endroit précis.

L’imagerie reste toutefois indispensable pour préciser le degré d’atteinte de ces lésions méniscales. Les clichés radiologiques standards des genoux permettent d’éliminer une autre pathologie (corps étranger, gonarthrose, ostéochondrite) l’arthroscanner spiralé est utile chez l’adulte d’âge mûr car il permet de montrer les lésions méniscale et de dresser une cartographie fine des lésions cartilagineuses. L’lRM est un examen intéressant surtout chez l’adulte jeune. Toutes les lésions méniscales ne relevant pas d’un traitement chirurgical, l’I.R.M. doit s’attacher à : – rechercher une fissure méniscale -préciser son type (verticale longitudinale ou radiaire, horizontale, complexe, avec ou sans fragment déplacé), sa topographie (centrale ou périphérique) et son étendue..

L’indication chirurgicale sera posée devant l’impotence de la victime et selon la gravité des lésions visualisée à l’imagerie. La méniscectomie est habituellement décidée lorsque le ménisque est gravement endommagé, habituellement à la suite d’un traumatisme relativement sévère notamment sportif, entraînant des blocages du genou et des dérobements répétés de la jambe. L’ablation de la partie abîmée du ménisque fait habituellement disparaître ses symptômes, mais peut favoriser à long terme l’installation de l’arthrose dans l’articulation. Aujourd’hui de nos jours on évite dans la mesure du possible de réaliser cette opération. Ces interventions sur le genou se réalisent sous arthroscopie. Cette méthode, beaucoup moins traumatisante que l’opération chirurgicale permet de voir directement la déchirure méniscale et de localiser avec précision son siège et son importance. La portion déchirée du ménisque est alors enlevée à l’aide de petits instruments introduits à travers l’arthroscope. L’incision est ensuite refermée, un bandage est mise en place et le temps d’hospitalisation varie de un à deux jours. La reprise de la marche avec ou sans canne est possible précocement. La rééducation n’est pas toujours nécessaire. La reprise des activités sportives a lieu habituellement au bout de quatre à huit semaines, ces délais pouvant varier d’un chirurgien à l’autre.

En conclusion : lorsque le ménisque est abîmé et gênant, il est possible d’en effectuer l’ablation sous arthroscopie mais le principe de cette intervention est d’enlever uniquement la partie lésée du ménisque, en conservant sa partie intacte, de façon à ménager au maximum son rôle d’amortisseur.