Les fractures de la clavicule

 

Ce sont des fractures fréquentes en milieu sportif (elles représentent 5 % de l’activité des urgences en milieu hospitalier).

Les sports concernés sont tous ceux où le risque de chute reste élevé notamment dans le cyclisme, l’équitation,  la moto, le judo et le football etc. Il s’agit souvent d’un choc direct sur le moignon de l’épaule au cours d’une chute. Le trait de fracture se localise souvent à la moitié de cet os, la clavicule, qui relie l’omoplate et le sternum.

Le diagnostic est évident. Cliniquement la victime prése

nte une douleur vive associée à une impossibilité de bouger son épaule immédiatement après sa chute. On peut retrouver également une ecchymose et un gonflement en regard de la fracture. On peut remarquer visuellement que la peau est tendue secondairement au niveau du déplacement des fragments osseux. On constate également la diminution de la distance qui existe normalement entre l’épaule et le sternum.

Les complications doivent être éliminées immédiatement sur le terrain. Il peut s’agir d’une fracture ouverte, il existe alors une ouverture à travers les plans cutanés constituant une plaie.

Un fragment osseux peut également perforer le lobe supérieur du poumon (responsable d’un pneumothorax) ou bien léser les nerfs et les artères. Au cours de ce traumatisme peut s’y associer une entorse de l’épaule voire même une rupture des tendons de la coiffe des rotateurs de celle-ci.

Déformation de la clavicule par la fracture en vue de dessus.

Le blessé doit être évacué, avec le bras en écharpe, en milieu hospitalier où l’on effectuera des examens radiologiques.

On réalisera en première intention une radio classique de face de la clavicule permettant de confirmer la fracture et de localiser le siège exact. On recherchera également les complications citées ci-dessus avec une radio du thorax et de l’épaule (recherche notamment de brèche de la plèvre).

Le traitement consiste en une immobilisation de la clavicule cassée pendant 3 à 6 semaines. Deux systèmes existent : soit un bandage en huit (réalisé avec des anneaux) qui permet de ramener les deux épaules en arrière, soit une écharpe qui maintient le coude au corps. Si le déplacement des fragments osseux est important et qu’il existe des lésions pulmonaires, vasculaires ou neurologiques, on propose alors un traitement chirurgical pour aligner correctement ces fragments nuisibles. On prescrira des antalgiques ainsi qu’un repos sportif ou un arrêt de travail initial si l’intéressé pratique une activité manuelle.

Bandage en écharpe

L’évolution est le plus souvent favorable avec un temps de consolidation ou de cicatrisation estimé à un mois et demi chez les adultes, contrairement aux enfants qui peuvent guérir plus rapidement en trois à quatre semaines. On s’assurera de la guérison par des clichés radiologiques tardifs qui permettront d’apprécier  si les fragments osseux se sont bien soudés par l’apparition d’un cal de consolidation.

Bandage en huit

Les deux complications principales sont : premièrement l’absence de consolidation lorsque la fracture ne s’est pas complètement soudée et que le patient n’a pas respecté les consignes d’immobilisation ; alors dans cette situation on se retrouve avec une clavicule instable qui se plie au niveau du trait de fracture ; il s’agit alors d’une pseudarthrose. Dans ce cas il faudra intervenir chirurgicalement pour fixer à l’aide de matériel d’ostéosynthèse ces deux fragments osseux qui restent un peu mobiles. Deuxièmement un cal vicieux peut se produire lorsque les fragments osseux sont mal alignés et si celui-ci est volumineux, il pourra constituer une gêne esthétique surtout pour la femme.

Docteur Gérard Petit , médecin du sport et marathonien

Chambard Lauriane (6ème année de médecine) a contribué à la réalisation de cet article