Cette articulation qui relie une partie de l’omoplate (l’acromion) à l’extrémité externe de la clavicule est bien visible à l’oeil nu par son relief qui se situe juste au-dessus du moignon de l’épaule. Elle peut être facilement infiltrée en cas de douleurs chroniques (voir photo 1). L’entorse ou la luxation de cette articulation est souvent la conséquence d’un traumatisme par choc direct sur l’épaule. La plupart des sports incriminés sont multiples. Les sports de contact tel que le judo, le rugby,etc…et le ski, le cyclisme, etc lors de chute sur l’épaule. Cette articulation peu mobile en amplitude dans toutes les directions est maintenues par deux puissants ligaments qui renforce un peu plus l’articulation gléno-humérale sous-jacente , autrement dit l’épaule. Ces deux puissants ligaments (ligament coraco-claviculaire et acromio-claviculaire) maintiennent fortement le membre supérieur au thorax par l’intermédiaire de la clavicule, rattachée par ceux-ci à l’omoplate au niveau de l’apophyse coracoïde et de l’acromion (photo 2). Bien d’autres structures musculo-tendineuses et ligamentaires consolident encore davantage cette articulation. Quatre stades lésionnels sont décrits par l’imagerie qui consiste le plus souvent à effectuer des clichés radiologiques couplés à une échographie comparative des deux épaules en position debout. On peut ainsi objectiver les déplacements de la clavicule et les mesurer (photo 3) L’I.R.M. et le scanner sont rarement nécessaires.   Le diagnostic repose sur la palpation qui localise une douleur vive précisément sur la saillie articulaire acromio-claviculaire qui apparaît tuméfiée par rapport au côté opposé sain. En cas de déplacement de la clavicule à ce niveau, cette saillie, plus accentuée alors, soulève la peau. La pression manuelle exercée sur celle-ci permis d’abaisser cette clavicule surélevée,  du fait d’une distension ou d’une rupture  ligamentaire. C’est le signe de la touche de piano .Si on parvient à mobiliser la clavicule, d’avant en arrière (signe du tiroir claviculaire positif), c’est un signe de gravité (stade IV) Les quatre stades de gravité et leur traitement.   Le stade I : C’est une simple entorse, les ligaments se sont distendus. On effectue localement de la physiothérapie et un traitement médical à visée antalgique anti-inflammatoire est prescrit. Une contention de cette articulation de 10 jours est nécessaire.   Le stade II : Il y a une rupture des ligaments acromio-claviculaires sans signe du tiroir. Le signe de la touche de piano est positif. On peut remettre en place la clavicule déplacée lorsque le patient écarte à l’extérieur son membre supérieur (réduction en abduction). Le traitement sera identique à celui du stade I  mais la contention sera plus longue d’une durée de trois semaines, en position de réduction pour favoriser la cicatrisation. Les stade III et IV : Les dégâts sont plus graves : Il y a rupture des ligaments et de certaines attaches musculaires (dans ce cas il s’agit du stade IV). L’extrémité externe de la clavicule est totalement instable et complètement désolidarisée de son articulation. Le signe de la touche de piano et le signe du tiroir claviculaire sont positifs sans possibilité de réduction. Le traitement sera chirurgical pour le stade IV avec repositionnement et fixation de la clavicule (suture des ligaments et fixation de l’articulation par brochage ou laçage,  fixation des muscles désinsérés). La convalescence et la rééducation seront longues, de quatre à six mois. Conclusion : Ce traumatisme fréquent, le plus souvent bénin, touche de nombreux sportifs dans la majorité des sports voire même dans la vie courante au cours d’une chute. Le stade IV, d’indication chirurgicale,  reste rare.