Les entorses du genou : l’entorse bénigne du ligament collatéral médial (ancienne appellation ligament latéral interne)

Ce sont des lésions fréquemment rencontrées dans de multiples sports : ski, football, basketball, handball et rugby, et également dans la vie courante lors de simples activités physiques chez les sujets en mauvaises conditions physiques.

Etant donné l’accroissement du nombre de licenciés ces accidents sont en augmentation surtout en sport de compétition.

Les médecins doivent savoir  repérer ces lésions qui nécessitent une prise en charge rapide lorsqu’elles surviennent.

 Le retard diagnostic et l’absence de soins immédiats et adaptés pourraient conduire à une instabilité chronique du genou voire à une arthrose secondaire ultérieurement.

Remarque : une fatigue musculaire excessive au cours de compétitions de longue durée concernant les principaux muscles du genou peut être aussi à l’origine de ce traumatisme.

Plusieurs stades d’entorses peuvent survenir aussi bien à l’entrainement qu’en compétition. Nous traiterons dans cet article seulement l’entorse bénigne relative au ligament collatéral médial du genou. Nous verrons ensuite dans de prochains articles les entorses graves du genou. (Rupture du ligament croisé antérieur)

Les entorses du ligament latéral interne sont les lésions les plus fréquentes dans le genou après les entorses du ligament latérales de la cheville dans la plupart des sports d’équipe.

Petit rappel anatomique : le genou est une articulation complexe dont la stabilisation est assurée par un pivot central : les deux ligaments croisés antérieur et postérieur, d’un système ménisco-tendino-ligamentaire : les deux ligaments latéraux internes et externes, et enfin d’un système tendino-capsulaire postéro-interne et postéro-externe. Cette articulation est également soutenue par l’action active d’un système musculaire : le muscle quadricipital à l’avant de la cuisse et les ischio-jambiers à l’arrière de celle-ci.

 

(Voir figure)

Le ligament latéral interne est subdivisé en deux plans : l’un superficiel et l’autre profond. Le plan superficiel est la portion la plus solide de ce ligament. Il est composé de fibres verticales de 8 à 12 cm de longueur, s’insérant de part et d’autre du fémur à sa face interne latérale. Le plan profond adhère plutôt à l’enveloppe intérieure du genou appelée capsule (où se trouve également le ménisque médial).

Les symptômes : le médecin s’attachera aux circonstances de l’accident le plus souvent bénin : pas de craquement, ni gonflement immédiat, ni d’impotence fonctionnelle ou de dérobement ne sont retrouvés en interrogeant le blessé. L’examen sera méthodique. La douleur est retrouvée à la face interne sur un genou qui est sec sans épanchement bien visible. Le praticien vérifiera l’absence d’autres lésions par des tests recherchant des laxités. Seule la laxité latérale peut être importante en cas de rupture de ce ligament. Sinon la douleur siège le plus souvent au niveau du condyle interne du genou (petite excroissance osseuse au niveau du fémur). Cette douleur est retrouvée lorsque le blessé plie le genou à 90° en étant en rotation externe.

Le bilan d’imagerie : La radiographie éliminera un éventuel arrachement osseux à l’insertion de ce LLI (ligament latéral interne). L’échographie précise le diagnostic et son évolution vers la cicatrisation. L’IRM ne sera indiquée qu’en cas de suspicion d’une entorse plus grave.

Au total, l’examen clinique permet de mettre en évidence 3 cas de figure dans l’entorse du ligament latéral interne :

1)    l’entorse bénigne de stade 1 : il existe une simple distension du LLI sans laxité latérale. Quelques jours d’inactivité sportive suffisent et le plus souvent c’est un banal accident pour le sportif puisqu’il n’y a aucune entrave à sa préparation physique.

2)    L’entorse moyenne de stade 2 : il existe une élongation ou distension plus importante provoquant la douleur lorsque le genou est fléchi. Il existe alors des ruptures partielles des fibres du ligament et l’arrêt du sport varie entre 3 et 4 semaines. Le traitement consiste en une immobilisation par genouillère ligamentaire articulée et une rééducation fonctionnelle spécifique avec physiothérapie et soins locaux.

3)    L’entorse grave de stade 3 : il existe une rupture du LLI avec une laxité importante de part et d’autre du genou (en valgus flexion). Il convient par l’imagerie d’éliminer des lésions associées touchant le pivot central. En revanche, il sera important de mettre en place une immobilisation en extension pendant 3 semaines (attelle ou résine) suivie d’une genouillère articulée. La reprise de la compétition se fera en général vers le 3e mois.

En conclusion : les entorses du ligament latéral interne du genou sont actuellement bien codifiées et l’importance de l’immobilisation participe grandement à la cicatrisation du ligament et le renforcement musculaire en kinésithérapie permet d’être à l’abri des rechutes.