L’entorse grave du genou (suite)

En fait  cette grave « foulure » du genou réside dans l’atteinte du pivot central (structure ligamentaire qui maintient le genou en dedans) autrement dit les ligaments croisés sont lésés.

Le plus souvent il s’agit du ligament croisé antérieur. (LCA)

Fréquents en traumatologie du sport cette rupture du ligament croisé antérieur concerne environ 25 000 sportifs par an pratiquant le ski, mais aussi le football, le judo etc.

Cette lésion au genou peut également toucher les  sédentaires dans leur vie quotidienne et lors d’accident du travail.

 

Savoir reconnaître la gravité de cette entorse :

 

L’entorse de genou doit être à priori considérée surtout dans le contexte sportif comme une rupture du ligament croisé antérieur jusqu’à preuve du contraire.

L’interrogatoire du blessé et de l’entourage souvent évocateur nous renseigne sur l’importance et les  circonstances de l’accident. Souvent un craquement au niveau du genou peut-être audible et immédiatement une sensation d’instabilité du genou concerné s’installe. Le genou gonfle, devient chaud, douloureux parfois il y a beaucoup de sang à l’intérieur qu’il faudra ponctionner pour soulager la victime. Le praticien à l’examen de ce genou recherche une laxité antérieure qui dénote un jeu articulaire trop important. C’est le signe de tiroir antérieur, le genou n’étant plus alors rattaché en dedans par son ligament croisé antérieur rompu.

Il est fréquent que d’autres lésions sur ce genou malmené puissent s’y associer pour réaliser la classique « triade malheureuse » : rupture du ligament croisé antérieur, rupture du ligament latéral médial et lésion méniscale.

 

Les premiers gestes :

 

Le ligament croisé antérieur est rompu l’immobilisation par attelle de Zimmer est de règle pendant quelques semaines. Elle s’accompagne d’un traitement symptomatique antalgique et anti-inflammatoire. Il faut savoir, en revanche, réexaminer ce genou quelques semaines après dans de meilleures conditions pour en suivre l’évolution.

 

Conduite à tenir secondairement dans les semaines suivantes :

 

Deux tableaux se présentent alors :

 

Premièrement l’évolution est favorable et la rééducation peut être entreprise.

Elle a pour but la stabilisation du genou et repose sur les techniques de renforcement musculaire isométrique et proprioceptif. Elle porte sur l’ensemble des muscles stabilisateurs genou (quadriceps, ischio-jambiers et rotateurs).

L’utilisation de techniques excito- motrices, sous forme d’électrostimulation, est parfois nécessaire pour obtenir un résultat satisfaisant.

Deuxièmement les signes fonctionnels persistent et un bilan lésionnel précis doit être établi pour apprécier le pronostic, surtout chez le jeune sportif.

L’I.R.M. est alors nécessaire, associée au mieux à la laximétrie comparative. Les renseignements de cette I.R.M sont riches et complet. Elle visualise la rupture du ligament croisé  mais aussi l’existence éventuelle d’une contusion osseuse, d’une atteinte du ligament latéral et d’une désinsertion méniscale.

 

Quand alors proposer le geste chirurgical:

 

Au-delà de la quarantaine classiquement le geste chirurgical n’est pas indiqué (mais des cas

particuliers existent).

Le besoin sportif du sujet est en définitif le critère le plus fiable. La demande motivée du patient en est la raison principale surtout s’il pratique la compétition et qu’il est un athlète de haut niveau.

Le principe technique de la ligamentoplastie est à l’heure actuelle une autogreffe tendineuse remplaçant le ligament croisé antérieur prises aux dépens du tendon rotulien ou du demi tendineux avec des encrages osseux.

 

En conclusion :

Dans l’entorse du genou, peut-être plus encore que dans les autres pathologies traumatiques, la conduite à tenir doit être discuté au cas par cas. Il est souhaitable, en cas de mise en cause du pronostic fonctionnel, chez le sportif en particulier de faire appel à des équipes spécialisées.