Écrit par Gérard | 26 Juillet 2011

Les activités sportives, surtout lorsqu’elles sont excessives, peuvent provoquer chez l’enfant et l’adolescent des souffrances des cartilages de croissance aux endroits où s’attachent les plus volumineux tendons de l’appareil locomoteur.

Deux principales localisations sont importantes à connaître du fait de leur grande fréquence dans la plupart des sports où les impulsions et les accélérations sont inévitables.

•    Concernant la maladie d’Osgood-Schlatter, c’est sur la tubérosité tibiale antérieure, juste un peu en dessous de la rotule, à l’insertion du tendon rotulien, que se situe le conflit. •    Concernant la maladie de Sever que nous n’aborderons pas ici, l’inflammation se produit à l’attache du tendon d’Achille, sur la partie postérieure du talon, précisément à l’arrière du calcanéum qui n’est pas encore complètement ossifié.

La maladie d’Osgood-Schlatter a été décrite pour la première fois en 1903, conjointement par deux auteurs Osgood et Schlatter, d’où son nom.

Elle est aussi désignée par les termes d’ostéochondrose ou d’ostéo-dystrophie de croissance au niveau de la tubérosité tibiale antérieure sur laquelle s’insère le tendon rotulien du quadriceps.

Cette pathologie s’observe plus volontiers (dans 75% des cas) chez les garçons entre 11 et 15 ans. Elle survient également chez les filles entre 10 et 14 ans.

Dans 25% des cas elle intéresse les deux jambes mais le membre inférieur dominant semble plus affecté selon que l’on est droitier ou gaucher.

Cette affection apparait à la suite d’un surmenage de l’appareil extenseur, surtout si l’enfant n’est pas souple et présente en outre des genoux arqués ou en X.

Les sports incriminés sont nombreux : athlétisme, gymnastique, football, danse etc. et qu’ils sont souvent pratiqués de façon intensive sans prise de conscience de l’excès par l’entourage.

Les signes de la maladie d’Osgood-Schlatter :

La douleur se situe précisément au niveau de la face antérieure du genou avec souvent un gonflement, une tuméfaction de la tubérosité tibiale, très sensible au toucher.

Cette douleur irradie plutôt en haut vers la rotule. Les montées ou les descentes d’escaliers, l’accroupissement, l’agenouillement déclenchent plus vivement ces douleurs. Les sauts et les shoots deviennent de plus en plus pénibles au fil du temps si le repos sportif n’est pas instauré. La zone douloureuse est chaude et peut crépiter parfois à la mobilisation de la jambe et se manifester aussi au repos la nuit.

Les clichés radiologiques :

Complétés par une échographie, ils renseignent les médecins sur la gravité d’atteinte du cartilage de conjugaison ou de croissance. A un degré moindre, la tubérosité tibiale a un aspect normale ,mais on retrouve des parties molles un peu bombées. Sinon dans les formes typiques le cartilage apparaît fragmenté, irrégulier et condensé.

A un stade plus avancé, on peut aboutir à une fracture arrachement à travers le cartilage de croissance.

La thérapeutique :

Le traitement médical n’a pas un effet immédiat et l’on assiste souvent à des formes traînantes. A la phase initiale nous préconisons des anti-inflammatoires par voie orale et en application locale de la glace également pendant quelques jours, ainsi qu’une gouttière amovible en extension 3 à 6 semaines. Il faut compter 2 à 3 mois de repos sportif. La reprise du sport sera progressive après un passage chez le kinésithérapeute et le podologue pour obtenir une meilleure souplesse articulaire et musculaire alliée à une meilleure assise en course à vive allure du fait des corrections orthopédiques apportées s’il y en a besoin ..

 

 

 

CONCLUSION :

Le cartilage de croissance représente un point faible chez l’enfant et ses lésions sont gênantes pour la poursuite des activités à haut niveau. Il faut respecter les limites physiologiques des enfants pour limiter ces atteintes cartilagineuses du type de la maladie d’Osgood-Schlatter que les médecins sont amenés à voir encore trop souvent!

Docteur Gérard PETIT (Médecin du sport)