Écrit par Gérard | 22 Mars 2011 C’est l’une des blessures les plus courantes en course à pied mais elle survient aussi dans d’autres sports imposant des impulsions ou des sauts comme            en : athlétisme Gymnastique, Basketball, danse etc… (10% de la population en est atteint surtout après la quarantaine).   Pour comprendre cette inflammation qui siège à la jonction du talon et de la voûte plantaire, il faut savoir qu’il existe sous la plante des pieds une membrane fibreuse, un tissu de soutien, guère élastique appelé aponévrose plantaire superficielle. Celle-ci est tendue entre l’os du talon (le calcanéum) et la base des cinq orteils à leurs articulations décrivant ainsi une sorte de triangle. Cette aponévrose plantaire superficielle (APS) se divise en trois parties, la plus interne très mince recouvre le muscle abducteur du gros orteil, la plus externe plus épaisse recouvre le muscle abducteur du petit orteil, et enfin l’aponévrose plantaire moyenne constitue une lame de ressort très épaisse et résistante en arrière mais plus fine vers l’avant du pied. C’est cette dernière qui est le siège des lésions près de son insertion au calcanéum. L’APS permet la répartition des pressions à la marche, possède un rôle d’amortisseur et de soutien de la voûte plantaire dans le sens transversal et longitudinal. L’APS fais partie intégrante du système suro-Achilléo-calcanéo-plantaire, véritable chaîne fonctionnelle de la propulsion. Autrement dit elle transmet les force des muscles du mollet vers les orteils et sa viscoélasticité permet de restituer par détente élastique une importantes quantité d’énergie. Caractéristique de cette douleur : L’inflammation de cette APS se traduit par une douleur au talon, souvent du côté interne. Parfois cette douleur se propage sur toute la longueur de l’APS jusqu’aux orteils. Elle peut aussi être associée à des lésions myo-tendineuses adjacentes. La palpation met en évidence une chaleur locale, un épaississement de l’APS à proximité de son insertion au calcanéum. Enfin en tendant l’APS en mettant tous les orteils vers le haut ainsi que l’avant pied (flexion dorsale) l’endroit douloureux repéré est plus sensible.

 

  Quant à la fameuse épine calcanéenne de découverte radiologique sous le talon elle serait plutôt la conséquence d’une sur-utilisation de l’APS  et de ses tendons avoisinant ; à un âge avancé au-delà de cinquante ans on retrouve souvent cet éperon calcanéen. Les facteurs  favorisants l’inflammation de cette APS et des structures myo-tendineuses sont vastes et complexes. Pour en citer quelques-uns : le pied plat valgus, une pronation excessive, le pied creux par sa rigidité, des tendons d’Achille trop courts, l’inégalité de longueur de jambe, la surcharge pondérale, des chaussures inadaptées, l’entraînement sur des surfaces trop dures et irrégulières, etc.   Le diagnostic Il sera affirmé par l’échographie et surtout l’IRM si l’on suspecte une autre pathologie telles que les fractures de fatigues des métatarsiens, la spondylarthrite ankylosante, la goutte, etc. L’IRM appréciera également tous les  degrés d’inflammation de cette APS du simple épaississement à la rupture partielle de celle-ci. Le traitement médical reste essentiel. 90% de guérisons après six à neuf mois de soins médicaux, il faut donc être patient. Le repos sportif environ trois mois, excepté pour la natation et le cyclisme que l’on peut pratiquer en étant blessé, le glaçage, les anti-inflammatoires, les infiltrations de corticoïdes en dernier recours sont indiqués. La confection d’orthèses plantaires pour soulager et aussi corriger des anomalies détectées par le podologue est de règle. La kinésithérapie doit être prescrite selon différents protocoles : physiothérapie, onde de choc, étirement des chaînes musculaire postérieures, massage transverse profond, programme de musculation, exercices physiques en excentricité, etc. L’APS appelé aussi fasciite plantaire, talalgie constitue une affection fréquente à l’égal de la tendinite d’Achille elle doit être le plus rapidement prise en charge.