Sports et douleurs du dos.

La colonne vertébrale au niveau dorsal est bien moins exposée que sa partie cervicale (le cou) au traumatisme par cisaillement car elle est moins mobile, plus statique. Par contre, son rôle d’amortisseur, réparti sur ses 12 disques intervertébraux, la soumet plus au risque de fracture-tassement en cas de chutes violentes. On dénombre trois grands types de pathologies responsables de mal au dos ou dorsalgie.

I .les troubles de la croissance (entre 12 et 18ans)

1. Les déviations latérales

a.L’attitude scoliotique (constatée à l’examen du dos, le patient debout) disparaît lorsque le patient se penche en avant. Elle est fréquente en cas d’hyperlaxité ligamentaire, de croissance asymétrique d’un membre inférieur. Si cette inégalité est supérieure au centimètre , on la corrigera par une talonnette. Aucun sport ne sera contre-indiqué, ils auront même des effets bénéfiques sur la colonne dorsale.

b. La scoliose vraie Dans ce cas, lors de la flexion antérieure du tronc, il apparaît une surélévation de la partie droite ou gauche de la cage thoracique (gibbosité). Les radiographies indispensables permettront d’apprécier la gravité de cette scoliose dorsale, et l’importance de la déviation latérale chiffrée en degrés. Si celle-ci est supérieure à 20 l’enfant est confié au chirurgien orthopédique. Les sports principalement contre-indiqués sont l’haltérophilie et le rugby en première ligne. Le judo incitera néanmoins à la prudence en raison des chutes violentes sur le dos. De même, il faut déconseiller les sports qui impliquent d’énormes contraintes sur ces vertèbres trop fragiles en période pré-pubertaire.

2. Les déviations antéropostérieures

a.La cyphose et l’hyperlordose idiopathiques Si l’adolescent ne se plaint pas de douleur, la plupart des sports pourront être pratiqués sans excès. En cas de douleurs, le praticien prescrira de la rééducation fonctionnelle, associée à du renforcement musculaire ou gainage. La danse, la gymnastique peuvent aggraver l’hyperlordose. L’équitation et le cyclisme seront à pratiquer avec prudence en cas de cyphose dorsale importante

. b. Les dystrophie rachidienne de croissance dont la plus connue est l’épiphysite de Scheuermann. Elle survient pendant la phase de croissance pubertaire du rachis, et touche les vertèbres dorsales de la quatrième jusqu’à la huitième, entre 12 et 18 ans, le plus souvent chez les garçons. Elle accentue la cyphose dorsale mais elle reste une maladie bénigne dans 90 % des cas. Les sports à contraintes rachidiennes seront contre-indiqués jusqu’à la fin de l’adolescence (rugby, judo, parachutisme, hockey sur gazon …). On préconisera des sports moins traumatisant, sans excès de préférence. La rééducation avec le kinésithérapeute permettra de corriger la cyphose dorsale en renforçant la musculature du dos et en réalisant des étirements spécifiques.

II. La traumatologie rachidienne dorsale

Ces accidents liés aux sports à risque (rugby,sports de combat football américain, …) surviennent à tout âge.

1. D’une façon aiguë :

-par hyperextension ou hyperflexion avec des risques neurologiques et d’ instabilités chroniques.

-par fracture-tassement des corps vertébraux (chute les talons, coup violent à l’arrière du dos ou des fesses). Des complications ostéoligamentaire, articulaires et neurologiques peuvent survenir.

2. Par microtraumatismes répétés avec des risques :

- de déformations et tassements vertébraux (spondylolyse et spondylolisthésis) souvent rencontré après plusieurs années de pratique chez les judokas les gymnastes et les danseurs. C’est pourquoi en période pré-pubertaire l’activité physique devrait être moins intense et réduite dans sa durée, en évitant si possible les surclassements en compétitions - d’usure et de remaniement cartilagineux : c’est l’arthrose !

III. Lésion congénitale et les malformations vertébrales

Elles sont fréquentes (10% de la population en est atteint. La statique vertébrale en est un peu fragilisée, mais elles permettent une vie normale, et si ces lésions sont stables la plupart des sports peuvent être pratiquées avec l’autorisation d’un praticien.

En conclusion : Le traitement sera bien entendu propre à chaque lésion, mais on retrouve les grandes lignes suivantes : - suppression de la cause : mauvais geste technique (tennis) position (équitation) correction des déficits de la voûte plantaire, rééquilibration des membres inférieurs, matériel inadapté (chaussures). - Kinésithérapie antalgique fonctionnelle et rééducatrice - Rééducation en piscine. - Traitement médical comprenant des myorelaxants, des anti-inflammatoires des antalgiques, et de la vitamine D